Corporate – Edmond Tran
Bon, je l’avoue, ce qui a attiré mon regard en librairie sur Corporate d’Edmond Tran, c’est la photographie en couverture. Au moins, c’est efficace et accrocheur. Mais c’est après avoir lu la 4ème de couverture que je me suis dis qu’il fallait absolument que je lise ce livre:
S’inspirant d’un fait divers, une prise d’otages armée destinée à tester le sang-froid des cadres d’une entreprise, Edmond Tran décrit la réalité des grands groupes de presse et lève le voile sur un univers factice où les employés ne sont plus que les pions d’un jeu qui les dépasse. Ecrit comme un thriller économique, Corporate nous explique pourquoi les directeurs de journaux sont brusquement renvoyés, les magazines français discrètement vendus à des fonds d’investissement étrangers et leurs salariés licenciés par centaines.
Corporate s’inscrit clairement dans la digne lignée de 99F de Beigbeder et, par extension, Le Capital de Stéphane Osmont (que je vous ai présenté il y a peu). On pourrait classer ces livres comme des thrillers économique … Bref, l’idée est de centrer l’histoire sur le milieu professionnel du héros.
Si ce dernier a bien réussi et est assez riche: c’est parfait. C’est aussi le cas de Corporate. Ca donne bien évidement au héros un coté sacrément provoc’ ! Pour preuve: les longues séances de trademark dropping. Le narrateur a du fric, il s’habille cher, il aime ça et il le montre.
Mais il n’en reste pas moins attachant. Derrière sa logique de business man (et non de patron), on se rend compte que le narrateur aime son entreprise, ses projets, ses produits et la plupart de ses employés … Malheureusement, je trouve que Corporate est un petit peu trop éloigné de son environnement de départ: le monde de l’édition de presse.
Je m’attendais à en apprendre un peu plus sur ces gros groupes de presse. Et bien non. L’histoire aurait pu se dérouler dans le monde de la banque, c’eût été pareil ! Même en perdant le coté groupe de presse, le thriller reste haletant. C’est bien écrit, c’est cadencé, c’est choc et plein d’humour.
Bref, si vous avez aimé 99F ou Le Capital: foncez acheter Corporate ! Pour finir, une réplique que je trouve excellente: On n’adore que Dieu ou Dior …
ISBN Poche: 2253125512
