Acide sulfurique – Amélie Nothomb

Il y a peu, je vous présentais Hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb. Aujourd’hui, je remet ça avec son roman de 2005: Acide Sulfurique. Pourquoi ai-je choisi celui-ci en particulier ? Tout simplement parce que le sujet est dystopique à souhait, et que j’adore les dystopies ! Quatrième de couverture (raccourcie):

Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.

Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi.

Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…


Comme souvent avec Amelie Nothomb, il y a beaucoup de vide dans Acide sulfurique. Comptez 213 pages avec une police énorme et plein de pages blanches … L’avantage, c’est qu’on ne s’engage pas dans une lecture qui durera des semaines. Un aller/retour Rennes/Paris suffit à le finir.

C’est effectivement court, mais je dirais que ce n’est pas plus mal. Amélie Nothomb s’attaque à une idée qui n’est pas nouvelle: la critique de la télé-réalité. Mais pour ce faire, elle utilise ce qui fait toujours partie des choses les plus dérangeantes de notre société: les camps de concentration … Si l’œuvre avait été plus longue, je pense qu’on serait tombé dans l’insupportable pour le lecteur.

Acide sulfurique reste dans le supportable, mais rentre pleinement dans le dérangeant. En effet, cette dystopie montre le phénomène de déshumanisation de la télé-réalité. Ce phénomène est valable pour les candidats, mais encore plus pour les téléspectateurs … C’est agréable à lire pour la simple et bonne raison qu’on retrouve des comportements biens connus. Par exemple: ceux qui regardent l’émission juste pour voir à quel point c’est pitoyable … Mais qui regardent quand même du coup.

Du coté du style, Amélie Nothomb est fidèle à elle-même … Par contre, j’ai été plutôt déçu de retrouver certaines réflexions de ces précédentes œuvres (par exemple, l’héroïne qui se prend pour Dieu comme dans Métaphysique des tubes).

Je pense que je vais faire une pause dans les livres d’Amélie Nothomb. Même si les deux derniers étaient très bien, je commence à me demander si ces œuvres ne tournent pas en rond entre elles. A voir …

ISBN Poche: 978-2253121183

4 réactions à l'heure actuelle »

  1. LZ a écrit

    le 15 février 2010 à 11:06

    Ah tiens, pas lu celui-là… A ton tour de rajouter des livres dans ma longue pile en attente de lecture !

  2. Julien Quéré a écrit

    le 16 février 2010 à 19:20

    Ravi d’enrichir ton libraire :)

  3. Critique de livre: Les Monades Urbaines de Robert Silverberg | Webd a écrit

    le 8 avril 2010 à 17:26

    [...] je lis beaucoup de dystopies en ce moment. Après Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb, je me suis attaqué à Les Monades Urbaines de Robert Silverberg. C’est une dystopie beaucoup [...]

  4. po a écrit

    le 19 mai 2010 à 16:26

    Geniale ce livre !

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