Je suis allé voir: La rafle

Mercredi dernier, je suis allé voir La rafle (vous verrez pourquoi j’ai mis tant de temps à rédiger ce billet). Ce film, réalisé par Roselyne Bosch retrace l’histoire de la rafle du Vel d’hiv. Au niveau du casting, beaucoup de beau monde: Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh, Sylvie Testud et Catherine Allegret. Synopsis:

1942.
Joseph a onze ans.
Et ce matin de juin, il doit aller à l’école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine…
Il reçoit les encouragements d’un voisin brocanteur. Les railleries d’une boulangère.
Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge.
Du moins le croient-ils, jusqu’à ce matin de 16 juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule…
Du Vélodrome d’Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestré.
De ceux qui ont eu confiance.
De ceux qui ont fui.
De ceux qui se sont opposés.
Tous les personnages du film ont existé.
Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.


Tout d’abord: pourquoi ai-je mis autant de temps à publier ce billet ? Parce que je ne savais pas trop quoi mettre écrire, mais je voulais absolument vous en parler. La rafle est un film qui se digère… Et ce, même si je connaissais déjà tout les événements et détails évoqués (j’ai beaucoup étudié cette sombre partie de notre histoire).

Mais là, c’est autre chose. La rafle m’a fait un effet que jamais aucun autre film n’a réussi auparavant. Une douleur, des larmes, une voix qui chevrote: c’est l’effet La rafle. Pourquoi ? Parce que Roselyne Bosch nous montre à quel point nous avons pu être, nous français, indignes. A quel point ces événements sont horribles.

C’est la première fois que les événements du Vel d’hiv. sont montrés avec tant de justesse. Jamais de scène pathos pour nous forcer à verser une larme. Jamais de véritable horreur à l’écran. Juste les faits, tels qu’ils se sont produits. Avec les héros, les victimes, les innocents, les coupables …

D’ailleurs, on saluera Joseph Weismann. Cet homme est l’un des seuls survivants de cette rafle. Il s’était enfui du camp de Beaume alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’année. Il a eu le courage de témoigner. Et c’est grâce à ce témoignage (et à un gros travail de recherche) que Roselyne Bosch a pu faire La rafle.

La justesse du rendu est aussi imputable aux acteurs. Particulièrement Gad Elmaleh qui a su sortir avec brio de son carcan de comique. D’un point de vue général, on oublie rapidement que les acteurs que l’on voit sont célèbres. On ne voit plus que leurs personnages.

Bref, La rafle est un film magnifique. Bien qu’il fasse que l’on ai honte de la France de l’époque, ce film devrait être montré dans les écoles. 1h50 avec La rafle, ça vaut largement 20 pages d’un livre d’histoire sur cette rafle. Encore faut-il trouver aujourd’hui un manuel scolaire d’histoire avec autant de pages sur le Vel d’hiv.

Si vous avez passé l’age d’aller à l’école, allez quand même voir La rafle.

3 réactions à l'heure actuelle »

  1. LZ a écrit

    le 15 mars 2010 à 9:14

    Il faudrait aussi pouvoir trouver dans un manuel d’histoire les exactions commises en Algérie et en Indochine ; j’aimerais bien aussi y trouver une version moins édulcorée de la colonisation, voire quelques indications sur les essais nucléaires en Polynésie… Les pages sombres de l’histoire de la France mériteraient bien quelques films comme la Rafle.

  2. Julien Quéré a écrit

    le 21 mars 2010 à 19:02

    Oui tout à fait !

    Gageons que la Rafle ne reste pas seule dans cette lignée. D’un autre coté, il ne faudrait pas que ces films s’enchainent non-plus. Cela réduirait l’impact de chacun d’eux …

  3. Revue de film: Tête de Turc de Pascal Elbé | Webd a écrit

    le 27 mars 2010 à 10:51

    [...] est un film qui se murit, qui se digère. Attention, n’allez pas croire qu’il fait l’effet de La Rafle. Non, juste un film qui, avec le recul, prend tout son [...]

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