Depuis longtemps je m’intéresse à l’histoire de Jacques Mesrine. Ce, bien avant le film. En fait, mon intérêt pour cet homme d’une autre génération vient d’une chanson de Trust: Le Mitard (disponible sur Deezer). Bien évidement, j’ai vu les deux films sur Mesrine: L’instinct de mort et Ennemi public n°1. Mais, allez savoir pourquoi, je n’ai jamais pris le temps de lire L’instinct de mort, le livre écrit par Mesrine lui même, un jour de septembre 1976.
C’est maintenant chose faite, je viens de finir l’histoire de cet homme qui a fasciné et terrorisé plusieurs pays et qui est mort avec le statut d’ennemi public 7 ans avant que je ne naisse. Présentation de l’éditeur:
Jacques Mesrine enchaîne cambriolages, braquages, enlèvement, et évasions… Il devient « Ennemi public n° 1 » dans les années 70. Il est arrêté en 1973. Emprisonné dans les quartiers de haute sécurité (QHS) de la Santé et de Fleury-Mérogis, il rédige son autobiographie – L’Instinct de mort – dans laquelle, avant même d’être jugé, il assume l’ensemble de sa « carrière ». Le 8 mai 1978, Mesrine s’évade du QHS de la prison de la Santé en compagnie de François Besse – une évasion spectaculaire… Il entame une cavale ponctuée de braquages. L’un de ses objectifs est aussi, par ses actions, de lutter pour la suppression des QHS. Le 2 novembre 1979, Mesrine, « le Grand » comme l’ont surnommé les membres de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), est tué par l’antigang, au volant de sa BMW, porte de Clignancourt à Paris. Depuis cette mort, Jacques Mesrine est considéré comme une légende dans notre pays, et une idole chez les jeunes…
La première chose qui me vient à l’esprit concernant ce livre, c’est que Mesrine semble très honnête. Dans le sens où il avoue ses actes (sans excuses), ses erreurs et ses faiblesses. Mais il nous apprends aussi qu’il n’était pas qu’un porte flingue. Cet homme avait une éthique, un code de l’honneur (et ça se vérifia dans les faits). Si vous n’étiez pas de son milieu, si vous n’étiez pas au travers de son passage volontairement: vous ne risquiez rien. Vous vous attaquiez à lui ou à ses amis: vous aviez du souci à vous faire.
Il ne faut pas se leurrer non plus: cet homme était un cambrioleur, braqueur, meurtrier, … Le récit en lui même est très prenant. Tout d’abord parce que l’histoire est très intéressante (c’est pas tout les jours qu’un ennemi public n°1 raconte sa vie). Mais surtout parce que le livre est très bien écrit !
Même si certains passages sont assez crus, l’écriture est très fine et agréable. Quelques passages relèveraient même de la poésie. Il n’est pas rare d’avoir le sourire aux lèvres en lisant certaines remarques ou situations cocasses. De même, ses analyses sur la société, les hommes et plus particulièrement les prisons sont véritablement intéressantes.
Bref, un livre à lire ! Et ce, même si vous avez déjà vu L’instinct de mort le film. En effet, on se rend compte que c’est vraiment inspiré du livre. Pas mal de libertés ont étés prises lors de la réalisation du film. Et puis, même si l’histoire de Jacques Mesrine ne vous intéresse pas particulièrement: le livre vaut le coup !
Je vous laisse avec les quelques mots qui clôturent ce livre (et qui ont inspiré la chanson de Trust):
Oui, madame!
Il tourne, il tourne en des milliers de pas qui ne mènent nulle part
Dans un monde-béton, aux arbres de barreaux fleuris de désespoir
Inhumain…, rétréci…, sans aucun lendemain.
Sa pitance est glissée sous une grille à terre
Et dans un bol l’eau… pour qu’il se désaltère.
Il est seul…, sans soleil
Et n’a même plus son ombre.
Infidèle compagne, elle s’en est allée
Refusant d’être esclave de ce vivant mort-né.
Il tourne…, il tourne et tournera toujours
Jusqu’au jour où vaincu en animal blessé
Après avoir gémi en une unique plainte
Il tombera à terre et se laissera crever
Pour trouver dans la mort sa seule liberté.
Je vous vois une larme…!
Pourquoi vous attrister ?
- Pauvre chien, me dites-vous !
En voilà une erreur…
C’est un homme, Madame,
Il est emprisonné.
C’est celui que vos pairs ont si bien condamné
En rendant la justice au nom des libertés.Fleury-Mérogis…
Un jour de septembre 1976
où j’existais si peu
que je n’étais même pas « personne ».
MESRINE
ISBN: 978-2081221901

merci pour lui….
Une desciption très certainement objective de l horreur d une cellule et des traitements qui sont faits aux prisonniers. Faut avouer que ça ne donne pas envie d y entrer. Et de plus entre les mauvaises conditions de vie dans une cellule sombre et miteuse, ceci accompagnés de mauvais traitements, comment ne pas rendre les individus encore plus fauves, et pourquoi s étonner qu ils soient récidivistes ?! Je m imagine mal dans cette situation, car connaissant mon état nerveux déjà pas mal (je suis bipolaire), soit je me suicide, soit je remballe mon entourage; ça pourrait donc finir mal. D autant plus que j ai toujours eu besoin d espace et de clarté.