Je suis allé voir: Vengeance
Si il est un film dont on parle beaucoup en ce moment, c’est bien Vengeance. Ceci pour trois raisons: la première, c’est que la communication amont du film a été très efficace et surtout elle a commencé très tôt. Ensuite, Johnny Hallyday, l’idole des français, interprète le rôle principal. Et puis, pour finir, Vengeance fait partie de la sélection officielle du festival de Cannes. D’ailleurs, c’est assez rare (mais non moins agréable) qu’un film soit présenté à Cannes et disponible au cinéma en même temps.
Vengeance est un film résolument hong-kongais. L’histoire se déroule à Hong-Kong même. Le réalisateur, n’est autre que Johnnie To. Originaire de Hong-Kong, Johnnie To est connu pour avoir réalisé Sparrow ainsi que Breaking news et Election, deux films présentés à Cannes en 2004 et 2005.
Du coté du casting, on retrouve Johnny Hallyday (qui a excellé dans Jean-Philippe et que l’on a pu récemment croiser dans La panthère rose), Sylvie Testud (vue il y a peu dans La môme) et Simon Yam (Election et Sparrow). Voici le (très court) synopsis de Vengeance:
Un père vient à Hong Kong pour venger sa fille, victime de tueurs à gages. Sur son passeport est marqué « cuisinier ». 20 ans plus tôt, il était un tueur professionnel.
Un homme vêtu d’un long manteau noir, au visage marqué et à la démarche lourde et déterminée voilà ce qu’est Johny Hallyday dans Vengeance. On n’est cependant pas dans le cadre qu’on pourrait craindre: celui du simple vengeur qui vient pour vider ses chargeurs à tout-va sur ses ennemis.
Non ce film n’est pas seulement un film d’action. Et ce, même si les scènes d’action sont assez nombreuses (ce n’est pas pour rien que le nom du scénario était Gunfight avant de s’appeler Vengeance). En effet, il y a une véritable intrigue. Et puis on y découvre des notions d’engagement, d’honneur et d’éthique chères au cinéma asiatique.
D’ailleurs, cette appartenance au cinéma asiatique se ressent énormément dans la mise en scène. Les ralentis, silences et mouvements lents subliment l’image. Les effets visuels sont tout aussi sympathiques. Bien que pas particulièrement époustouflants, ils sont très bien réalisés. C’est le cas, notamment, des scènes de fusillades. Le spectateur verra quelques ressemblances avec Kill Bill.
Du coté des acteurs, il y a un trio assez remarquable: Anthony Wong Chau-Sang (alias Kwai), Ka Tung Lam (Chu) et Suet Lam (Lok). Les 3 acteurs jouent à la perfection leurs rôles de mercenaires freelance. Leurs attitudes et expressions sont très bien cadrées. Et en plus, ils ont la classe (particulièrement Anthony Wong Chau-Sang).
Dommage qu’il n’en soit pas de même pour Johnny Hallyday. En effet, il joue quelque fois à coté de son rôle. C’est regrettable. Peut-être que cela vient du fait que le film ait été tourné en anglais. C’est d’ailleurs pour ça que le doublage du film est assez troublant. Entre les quelques décalages lèvres / texte et les voix qui ne correspondent pas aux personnages, on peut être dérouté.
Bref, un très bon film malgré ces quelques défauts. Un vrais scénario, une véritable intrigue, de très bons acteurs et une bonne réalisation… Et puis, en sortant de la salle de cinéma, on garde une autre image de Johnny Hallyday …

