Retour au meilleur des mondes – Aldous Huxley
Il y a peu, je vous faisais part de mes impressions après la lecture de Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Il s’agit, ni plus ni moins, que du premier roman dystopique jamais écrit. J’avais vivement conseillé la lecture de ce livre ! Là où l’auteur était vraiment remarquable, c’est que ce livre avait été écrit en 1932, à une époque où les sciences et techniques n’étaient pas ce qu’elles sont maintenant. A une époque qui n’avait pas encore connu le nazisme (rappelons qu’Hitler a été élu en 1933 …).
Un peu moins d’une trentaine d’années après, Aldous Huxley revient à la charge avec un livre intitulé Retour au meilleur des mondes. Différemment à sa précédente œuvre, ce livre n’est pas une dystopie, ni même une science-fiction. Non, il s’agit d’une analyse des changements apparus durant la trentaine d’années qui le sépare de 1932 et des liens avec Le meilleur des mondes. Quatrième de couverture:
Toutes les dictatures n’ont pas la même origine et bien des chemins mènent au « meilleur des mondes » mais le plus direct et le plus large est peut-être celui que nous parcourons aujourd’hui. Le cauchemar de l’organisation intégrale est déjà pour plus d’un milliard d’hommes une expérience quotidienne. Voilà qui préfigure peut-être, pense Aldous Huxley, l’avènement d’une dictature scientifique dont les sujets encadrés par une armée de policiers « pavloviens » en viendront à aimer leur servitude, renonçant à l’idée même de révolution. Visionnaire et pamphlétaire de génie, Aldous Huxley développe dans le texte capital qu’on va lire les thèmes abordés dans « Le meilleur des mondes ». Comment dominer les forces qui menacent nos libertés et affronter l’immense armée des fanatiques voués à leur destruction ? Telle est l’angoissante question posée par ce livre.
Au risque de me répéter, ce livre est à prendre comme un essai, une analyse. L’écriture y est beaucoup plus directe, mais aussi beaucoup moins accrocheuse. Je dirais même qu’il faut parfois s’accrocher pour suivre. Derrière cette « difficulté », les idées de l’auteur sont d’une justesse effroyable. Aldous Huxley nous apprends que si il avait du ré-écrire Le meilleur des mondes au moment de la publication de Retour au meilleur des mondes, très peu de choses y auraient changées. Et on peut dire: malheureusement. Le seul point qui aurait changé, ça aurait été l’intégration de la menace nucléaire (qui n’était pas connue en 1932).
Retour au meilleur des mondes nous apprend que l’Homme doit faire face à une série de grands problèmes. Le premier de tous (et qui est à l’origine des autres) c’est la surpopulation ! Explication: Au rythme d’accroissement de la population actuelle entre la naissance du Christ et la mort de la reine Elizabeth 1re, il avait fallu seize siècles à la population de la terre pour doubler; au taux actuel, il lui faudra moins de cinquante ans.. Quand on regarde les chiffres actuels, on se rend compte que l’auteur était encore en deçà de la réalité.
De ce constat découlent des problématiques d’ordre, de répartition des ressources, de gouvernement … Retour au meilleur des mondes nous apporte pas mal d’éléments sur tout ce qui concerne la gestion d’une population. Que ce soit l’usage de drogues, la persuasion par le discours ou les message subliminaux, le formatage par l’éducation ou encore par la biologie, Aldous Huxley nous apporte un point de vue éclairé et surtout: renseigné !
Bref, une très bonne lecture complémentaire à Le meilleur des mondes.
ISBN Poche: 978-2266172455

Critique de livre: Le monde, tous droits réservés de Claude Ecken | Webd a écrit
le 27 septembre 2009 à 9:43
[...] avoir commis le crime de faire naître un enfant non-standard. Une nouvelle qui rappelle grandement Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Une nouvelle où l’homme n’est plus qu’un rouage d’une société à la machine très bien [...]